Commencements de la paroisse

Traduction en français d’une pièce concernant les premiers commencements de la paroisse de Finhaut 1638 le 15 juin.

A la plus grande gloire et louage du Dieu tout puissant. Amen.

Quil soit connu et manifeste, à tous les fidèles de Jésus christ présents et futurs,
que comme depuis plus de six ans une grande peste et mortalité avait envahi presque
tout le territoire de notre pays de Vallais, ainsi que la paroisse de Salvant et principalement
les habitants de Figniaux. Ceux-ci craignant d’être infecté par le passage ou
d’infecter les autres, pour être libres, hors de danger et de toute contagion, usant
de leur autorité et soutenu par approbation, ont cru pieusement et catholiquement
que vu la distance de l’Eglise paroissiale fondée en Ville, porter remêde aux dangers
à la difficulté des temps et aux incommodités autant qu’il leur était possible, en
établissant à leurs propres frais, dans leur territoire, un cimetière avec une croix de
bois plantée au milieu, et au même endroit d’y bâtir une Chapelle aussitôt qu’ils
le pourraient à la plus grande gloire de Dieu, ayant recours pour cela à la
protection de la Sainte Vierge Marie mère de Jesus-Christ, consolatrice des affligés
et le patronage des Saints Fabien, Sébastien et Roch, en mémoire desqu’els
ils désirent de la bâtir et de la dédier. Honnête Jean Longsae du même
endroit des Figniaux dès qu’il s’apperçu que le pieux ouvrage était en train, offrit
et donna la terre et le lieu de son propre fond dévotement et à perpetuité
pour y fonder la Chapelle et construire le cimetière, se reservant seulement
pour lui et ses descendants, le pouvoir de retirer la récolte croissant dans le
même cimetière et de l’avoir sans contradiction, hors le temps de mortalité

Dès que ces choses furent faites avec grande action de grâce, on en usa pour
ensevelir les morts enlevés par la peste qui sévissait comme il a été dit et ensevelissaient
un nombre de trente deux ou trente trois dont les âmes par la grâce de Dieu réposent
en paix. La mortalité ayant cessé ou plutôt appaisée, le reste des habitants
reconnaissant la grâce de Dieu qu’ils avaient obtenues ———- après
leur vœu et avaient été préservés non autrement que par miracle s’efforcèrent
à travailler de bâtir de suite la Chapelle et de se procurer une cloche et les autres choses nécéssaires.
Les familles Lugon et Longsae suèrent beaucoup et depenserent pour cette
tant pieuse déliberation, les familles aussi des Pierroz et les Groz résidants
dans l’endroit ne firent point défaut à porter leurs mains auxilliatrices et
donner de l’accroissement par devotion, et plusieurs autres.

Quand l’affaire eut obtenu une heureuse issue et la Chapelle fut bâtie,
ils recourrurent au Révérendissime Abbé de Saint Maurice d’Agaune
Seignieur spirituel et temporel de la même paroisse de Salvan, le priant
humblement de bien vouloir bien se porter sur les lieux pour en faire
la bénediction en vertu de son autorité apostolique et ordinaire a lui concédée
pour diriger leur dévotion et la corroborer. Ce qui ne fut pas difficile d’obtenir
de celui qui pour ce qui touche à l’augmentation de la piété, de l’honneur dû
a Dieu et à ses Saints, qui est l’exemple de religion et de piété à tous et comme
un père et défenseur aime le salut et la prospérité de ses sujets.

C’est pourquoi l’an de l’incarnation de notre Seigneur mille six cents
trente huit, le lundi qui était le quinze Juin, indiction sixième, du
temps que Urbain huit présidait l’Eglise romaine et Ferdinand trois
d’Autriche, le Sacré empire romain, le très-révérend et très illustre Seigneur
George de Quartery par la grâce de Dieu Abbé ci-dessus prié en vertu de
pouvoir à ce faire, concédé par les Souverains Pontifes à son monastère
et son délégué par le Révérendissime ordinaire pour affaires semblables à
lui Abbé, se transporta dans cet endroit de sa jurisdiction et de sa Seigneurie
de Figniaux ou ils fut reçu aux grands applaudissements et vénération
de ses sujets, précédé de la procession, partie de l’Eglise paroissiale et du
vénérable Curé Amédée de Campis (des Champs) jusqu’à l’endroit ou était bâtie la
Chapelle à bénir, ce qu’il fit selon les cérémonies du rituel établies par la Sainte mère
Eglise et ensuite le Cimetière autour de la Chapelle, d’abord tout l’espace de devant
jusqu’à une grande pierre qui s’y trouve, ensuite depuis la dite pierre en delà et
en dessus par les limites plantées dans le contexte du quarré de terre, puis a gauche
de la chapelle qui est du côté de l’Evangile, à la largeur de septs grands pieds en dehors
touchant le mur de la Chapelle et autant derrière la partie de l’autel, a gauche, droites
qui est le coté de l’Epitre, en dehor jusqu’au torrent, ce qui est tout de la terre donnée
par le dit Jean Longsae dont de le Révérendissime Abbé ordonna qu’il en pourrait
jouir comme il a été dit ci-dessus.

Les Cérémonies étant exactement achevées, jai
célébré le saint Sacrifice de la messe, moi prêtre soussigné et assistant le prédit
Révérendissime Abbé mon Seigneur, qui par son ordre et par le quelles les choses sont
vraies, j’en ai dressé un acte public, comme notaire apostolique afin d’en
conserver la mémoire à la postérité. Ensuite on fit les obséques des morts,
reposant dans le cimetière dans lequél cimetière on pourra à l’avenir
enterrer dans les cas fortuits de necessité, de mortalité ou aussi dans les
empêchement, des mauvais temps d’Hyvers. Le Réverandisse Abbé ci-dessus nommé
ordonna et déclara en présence du Curé et des paroissiens et de leurs consentements
que si par fois à l’avenir, il arrivait qu’une personne par vœu ou par dévotion
appellerait le Révérend Curé pour célébrer le Saint sacrifice de la messe dans la
même Chapelle, il n’y serait pas obligé, mais s’il le pouvait n’était pas empêché
par son office pastoral ou autre cause légitime, il devrait se contenter de
l’honnoraire de dix huit sous monaie inférieure et des offrandes qu’on mettrait
dans ses mains et aussi les comestibles, sauf celles destinés à l’augmentation et au
décors de la Chapelle qui seront conservées sous la garde des procureurs assermentés
et justement appliquées selon l’intention des donateurs. Pour cela et en
considération des choses promises, se sont spontanément présentes et par piété
les honnètes hommes Jean fils de Jean Groz et Jean fils de Jean Pierroz du
même lieu qui promirent de consigner entre les mains des procureurs de
l’Eglise de Salvan, chacun dix écus, c’est-à-dire, chacun cinquante florins
de petit poid, à condition que le revenu serait versé et livré annuellement au Curé
ou au Recteur de la même Chapelle nouvellement bâtie si quelqu’un y était
établi et constitué à l’avenir par qui de droit.

Et ils veulent que ce revenu
soit appliqué pour trois messes à dire chaque année dans la dite chapelle pour
leur propre salut, celui de leurs parents et consanguins. Que s’il arrivait que
pendant cinq ans consécutifs les dites messes ne seraient pas célébrées par la
l’uncurie et la négligence du Curé ou du Recteur, ce qu’ils nesperent pas, ils se
réservent pour eux et leurs descendants pleine puissance de retirer chacun ses
cinquantes florins ci-dessus spécifiés et de les appliquer à d’autre bien et ornement
de la dite chapelle laqu’elle donnation le prédit Révérendissime Abbé confirma
avec ses conditions. Quand il arriverait que le Vénérable Curé de Salvan pour
plus grande opportunité et pour remplir les devoirs concernant son ministère
pastoral, comme pour administrer le viatique à un malade y célébrerait
le saint sacrifice de la messe, les habitants ne seront pas tenus à autre chose

chose que à ce qui était observé avant la bâtisse de la Chapelle.
Enfin après que toutes ces choses furent finies, le sus dit Révérendissime Abbé
fit une exhaltation au peuple pour les exciter à la dévotion et confirmer la paix,
et ordonna que par moi Notaire apostolique soussigné, un acte public surtoud
ce qui avait été réglé à la demande et surtout pour la dite Chapelle, dont toute
la substance fut vue, entendue et comprise par les nobles et prudents hommes
Christian Frane Chatelain de Salvan et Banneret de la milice des élus ;
Claude Odet mon bien aimé père, Lieutenant gouvernal et Chatelain de
Choex, Susseys et Basseys, Pierre Quatery Propréfet militaire, Pierre
Charleti l’ancien, physcal du prédit Révérendissime Abbé, Hildebrand
Quartery Curial, tous bourgeois de Saint Maurice d’agaune faisants partie
de la comitive du même Révérendissime Seigneur pour cette affaire.

En foi et témoignagne de toutes ces choses et sous le seau du Révérendissime
Abbé, je me suis signé

Pierre Odet Prêtre chanoine Régulier de
Saint Maurice d’Agaune, Notaire apostolique.

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